Qu’est ce que la blockchain ?

« On peut la comparer à un registre comptable décentralisé où chaque transaction est enregistrée de façon transparente et accessible à tous. »
Temps de lecture : 7min
La blockchain est une technologie qui a réellement pris son envol au XXIᵉ siècle, un peu comme l’intelligence artificielle. Mais concrètement, ses bases remontent aux années 80 et 90, avec des travaux comme ceux de Haber et Stornetta, qui ont posé les fondations avec les arbres de Merkle.

Source : https://o3schools.com/merkle-trees-and-merkle-roots/
On peut la comparer à un registre comptable décentralisé où chaque transaction est enregistrée de façon transparente et accessible à tous.
Grâce à la blockchain, les cryptomonnaies comme le Bitcoin ont vu le jour, mais son potentiel va bien au-delà. Elle est utilisée dans de nombreux domaines, car elle réussit à résoudre le fameux trilemme : sécurité, transparence et décentralisation.
Cet article va vous expliquer comment fonctionne la blockchain, pourquoi elle est utile, et comment elle est déjà appliquée dans la vie de tous les jours. Que vous soyez novice ou déjà familier avec le sujet, vous trouverez ici toutes les infos dont vous avez besoin !
Définition : Une base de données immuable et décentralisée
Une blockchain, c’est comme un registre numérique sécurisé auquel plusieurs utilisateurs peuvent accéder et qui enregistre toutes les transactions effectuées sur un réseau. Contrairement aux bases de données traditionnelles, elle ne peut pas être modifiée ou falsifiée sans l’accord du réseau entier, grâce à sa décentralisation.
Exemple :
- Comme un carnet comptable partagé entre des milliers de personnes à travers le monde (sur le plan informatique).
- Chaque nouvelle « page » (bloc) contient des transactions validées par tous les participants (par exemple, un bloc pour Bitcoin est validé toutes les 10 minutes).
- Une fois qu’une page est enregistrée, elle ne peut plus être effacée ni modifiée. En théorie, une entité pourrait prendre le contrôle de Bitcoin, mais dans la réalité, c’est quasiment impossible à cause de la taille et de la décentralisation du réseau, sans compter les coûts astronomiques pour une telle attaque.
Tout cela garantit une traçabilité et une transparence totale, ce qui limite les risques de fraude ou de manipulation (même si, en théorie, un risque existe toujours).
Comment fonctionne la blockchain ?
1) Une structure en blocs liés entre eux
La blockchain est composée d’une série de blocs, chacun contenant :
- L’ensemble des transactions réalisées (comme des dépôts, des retraits de cryptomonnaies, des transferts de titres de propriété, ou des validations de smart contracts, …).
- Une empreinte unique (hash) du bloc précédent, ce qui permet de lier chaque bloc au précédent.
- Un nouveau hash pour chaque bloc, qui assure la connexion entre les blocs.
Pourquoi c’est important ?
Le fait que chaque bloc soit relié à celui d’avant rend toute modification frauduleuse très difficile. Si quelqu’un voulait falsifier un bloc, il devrait aussi changer tous les blocs suivants, ce qui réduit considérablement le risque de piratage.
2) Un réseau décentralisé (sans intermédiaires)
La blockchain est un réseau décentralisé, sans intermédiaires extérieurs. Contrairement aux banques ou aux administrations centrales, elle fonctionne sans entité de contrôle : il n’y a ni État ni autorité centrale pour la réguler. C’est d’ailleurs pour cette raison que les cryptomonnaies sont souvent qualifiées de « monnaie du peuple » ou de valeur refuge. Son fonctionnement repose sur un réseau d’ordinateurs (des nœuds), qui valident les transactions et assurent la sécurité du système.
Exemples concrets :
- Un virement bancaire classique passe par plusieurs intermédiaires (banque émettrice, banque réceptrice, réseau de paiement, etc.), ce qui implique des frais à chaque étape.
- À l’inverse, une transaction sur la blockchain est validée directement par le réseau, sans autorité centrale. Il est ainsi possible, par exemple, d’envoyer 1 million de dollars en Bitcoin en seulement trois secondes, avec des frais minimes et sans avoir à fournir de justification.
Résultat : cela permet des transactions plus rapides, moins coûteuses et hautement sécurisées.
3) La validation des transactions par consensus
Pour enregistrer un bloc dans la blockchain, les participants doivent s’accorder sur sa validité (ce qu’on appelle le mécanisme de consensus).
Il existe deux grandes méthodes pour sécuriser une blockchain :
- Proof of Work (Preuve de Travail) : utilisée notamment par Bitcoin, elle repose sur des calculs mathématiques complexes que des ordinateurs doivent résoudre. Ce processus, appelé minage, nécessite d’apporter de la puissance de calcul au réseau à l’aide de plusieurs ordinateurs ou serveurs. C’est ce qui permet de sécuriser Bitcoin de manière décentralisée, puisque n’importe qui peut contribuer à la validation des transactions en mettant sa puissance de calcul à disposition.
- Proof of Stake (Preuve d’Enjeu) : utilisée par Ethereum 2.0, cette méthode fonctionne différemment. Ici, pas besoin de fermes de minage ou de machines ultra-puissantes. Les validateurs sont sélectionnés en fonction du nombre de cryptomonnaies qu’ils détiennent et mettent en jeu (staking). Ça signifie que n’importe qui peut participer à la sécurisation du réseau directement depuis son ordinateur personnel, sans investir dans du matériel coûteux.
Pourquoi c’est important ?
Ces mécanismes garantissent la sécurité et la décentralisation du réseau. Ils empêchent les fraudes et assurent que seules les transactions légitimes sont enregistrées, rendant ainsi la blockchain fiable et infalsifiable.
Les avantages de la blockchain
- Sécurité : Une fois enregistrées, les transactions sont immuables. Il est impossible de trafiquer une transaction passée.
- Transparence : Tout le monde peut vérifier les transactions sur une blockchain publique.
- Décentralisation : Pas d’intermédiaire unique qui contrôle tout (à l’inverse d’une banque par exemple)
- Automatisation : Grâce aux smart contracts, certaines actions se déclenchent automatiquement lorsqu’une condition est remplie (exemple : un paiement automatique dès réception d’un service).
Exemples concrets d’utilisation de la blockchain
Finance : Le paiement et les cryptomonnaies
- Bitcoin et Ethereum permettent d’envoyer de l’argent sans passer par une banque.
- Les stablecoins (USDT, USDC…) permettent d’avoir des monnaies numériques adossées aux devises traditionnelles.
Logistique et traçabilité
- Carrefour et IBM utilisent la blockchain pour suivre les aliments du producteur au supermarché.
- Walmart a mis en place une blockchain pour retracer l’origine de ses produits frais.

Source : https://next.ink/brief_article/carrefour-mise-sur-la-blockchain-pour-son-nouveau-programme-de-tracabilite-quelles-garanties/
NFT et art numérique
- Les NFT (Non-Fungible Tokens) permettent aux artistes de vendre leurs œuvres sous forme numérique, garantissant leur authenticité et leur rareté.
- Des plateformes comme OpenSea permettent aux collectionneurs d’acheter et de vendre ces actifs uniques, non fongibles.

Santé : Sécurisation des données médicales
- La blockchain est utilisée pour stocker de manière sécurisée et confidentielle les dossiers médicaux.
- Elle permet aux professionnels de santé d’échanger des informations sans risques de falsification.
Immobilier et tokenisation
- En Espagne, un appartement a été vendu sous forme de token (jeton) sur une blockchain, facilitant son achat et réduisant les délais administratifs.
- La tokenisation permet également d’acheter une fraction d’un bien immobilier, rendant l’investissement plus accessible.
Et si vous souhaitez en savoir plus sur la Tokenisation, vous pouvez retrouver notre article ainsi que notre vidéo YouTube sur le sujet :
Les limites et défis de la blockchain
- Consommation énergétique : Certaines blockchains comme Bitcoin demandent beaucoup d’énergie pour fonctionner même si avec le temps ce point est optimisé (les blockchain en proof of stake sont beaucoup moins énergivores).
- Vitesse et scalabilité : En période de forte demande, certaines blockchains peuvent être ralenties, ce qui complique leur adoption à grande échelle. C’est pour ça que de nouvelles cryptos et solutions apparaissent régulièrement, cherchant à améliorer l’équilibre entre scalabilité, sécurité et décentralisation (le fameux trilemme de la blockchain).
- Régulation : Les gouvernements veulent encadrer l’utilisation de la blockchain, notamment pour lutter contre la fraude et le blanchiment d’argent. L’objectif est de structurer cet écosystème avec des règles similaires à celles de la finance traditionnelle, notamment pour mieux protéger les investisseurs.
- Complexité technologique : Pour les entreprises classiques, adopter la blockchain n’est pas simple. Ça demande des compétences spécifiques et une adaptation des systèmes existants. Mais une fois bien intégrée, elle peut offrir des gains en efficacité et en sécurité.
Conclusion : Une révolution en cours
Pour conclure, la blockchain est une technologie de rupture qui modifie profondément notre façon d’échanger des valeurs et des informations.
Elle est encore en pleine évolution, avec de nombreux défis à relever. Cependant, son adoption croissante dans la finance, la logistique, la santé et le numérique montre qu’elle est bien plus qu’un simple outil pour les cryptomonnaies.
Alors que l’innovation continue, une question se pose : dans combien d’années la blockchain sera-t-elle omniprésente dans notre quotidien ?
Que pensez-vous de cette technologie ? Avez-vous déjà utilisé un service basé sur la blockchain ? Partagez-nous votre avis en commentaire !
Sources :
- Ministère de l’Économie – Définition et applications de la blockchain
- Coin Academy – Différences entre Bitcoin et Blockchain
- AWS – Qu’est-ce que la blockchain ?
- ETC Group – Technologie de la blockchain
💬 Abonnez-vous dès maintenant pour être au courant des dernières réglementations sur les cryptomonnaies et des tendances Web3 !